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Chienne en gestation : les 63 jours, le suivi vétérinaire et le vrai budget de la mise bas

Mis à jour en 2026 · 11 min de lecture

Une chienne en gestation traverse un peu plus de deux mois pendant lesquels presque tout se joue sans que rien ne se voie. La durée de référence est de 63 jours, et c’est le chiffre que l’on retrouve partout. Ce qu’on lit beaucoup moins, c’est qu’il ne se compte pas à partir du jour que la plupart des propriétaires ont entouré sur leur calendrier, et que l’écart peut dépasser une semaine.

Pendant que la portée se construit, une seconde chose se construit en parallèle : une facture. Suivi, imagerie, alimentation adaptée, identification des chiots, et parfois une césarienne qui dépasse 1 000 €. Cette page rassemble ce que les articles sur le chien en gestation traitent rarement ensemble : le calendrier médical réel, les seuils chiffrés qui imposent d’appeler un vétérinaire pendant la mise bas, le budget poste par poste avec des tarifs affichés par des cliniques françaises, ce que l’assurance santé animale prend en charge (très peu, et il vaut mieux le savoir avant), puis les obligations légales qui s’appliquent dès la naissance des chiots.

Les 63 jours : à partir de quand faut-il compter ?

La gestation de la chienne dure 61 à 63 jours à compter de l’ovulation. Comptée à partir de la saillie, en revanche, la fourchette s’élargit considérablement : les praticiens retiennent 50 à 70 jours, et la clinique vétérinaire de Champigny situe la moyenne à 63 jours après l’ovulation pour une amplitude de 50 à 70 jours après l’accouplement, comme le détaille sa fiche sur la gestation et la mise bas chez la chienne.

L’explication est simple : la chienne accepte le mâle pendant plusieurs jours, et l’ovulation peut survenir avant, pendant ou après la saillie. Les spermatozoïdes survivent ensuite plusieurs jours dans l’appareil génital femelle. Résultat : deux chiennes saillies le même jour peuvent mettre bas à une semaine d’intervalle.

C’est précisément pour cela que les élevages font pratiquer un dosage de progestérone au moment des chaleurs : il situe l’ovulation à un ou deux jours près, et c’est la seule façon d’obtenir une date de terme réellement fiable. Sans ce repère, la « date prévue » calculée depuis la saillie reste une estimation, et la surveillance de la température en fin de gestation devient le vrai indicateur.

Les signes de gestation, et celui qui trompe tout le monde

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Rien n’est visible pendant les deux à trois premières semaines. Certaines chiennes montrent même une baisse d’appétit en début de gestation, parfois accompagnée de vomissements, ce qui désorienterait n’importe quel propriétaire.

Les signes deviennent lisibles plus tard : gonflement des mamelles à partir de la quatrième semaine, avec des tétines plus roses, prise de poids visible au niveau du ventre, puis un changement de comportement (chienne plus calme, plus demandeuse en contact, recherche d’un endroit pour faire son nid). Le groupe de cliniques Sevetys décrit cette progression en trois étapes d’environ trois semaines chacune.

Le piège, c’est que ces signes ne prouvent rien. Une chienne qui n’a pas été saillie peut développer ses mamelles, produire du lait, construire un nid et transporter des objets comme s’il s’agissait de chiots : c’est la lactation de pseudogestation, une conséquence de l’imprégnation hormonale qui suit les chaleurs, et non une maladie. Elle apparaît dans les semaines suivant la fin des chaleurs et mime une vraie gestation de façon convaincante. Aucune observation faite à la maison ne permet de trancher : seul un examen vétérinaire le fait.

Le calendrier du suivi, examen par examen

Chaque examen répond à une question différente, et aucun ne répond à toutes. C’est la raison pour laquelle un suivi complet en comporte deux ou trois.

L’échographie abdominale devient informative vers le 25e jour : elle confirme la gestation et vérifie la vitalité des fœtus, mais elle compte mal les chiots, car certains échappent au balayage de la sonde. Le dosage de relaxine, hormone spécifique de la gestation, est possible à partir du 27e jour environ. La palpation abdominale permet de sentir les vésicules embryonnaires vers le 28e jour, mais elle ne dit rien de la viabilité de la portée.

Le véritable examen de dénombrement arrive plus tard : la radiographie, à partir du 45e jour, quand les squelettes fœtaux sont minéralisés. C’est le seul examen qui compte les chiots de façon fiable, et cette information change tout le jour de la mise bas, puisqu’elle permet de savoir si la portée est complète ou s’il reste un chiot à naître. Une dernière échographie, la semaine précédant le terme théorique, évalue la vitalité et la taille des chiots.

ExamenÀ partir de quandCe qu’il apporte vraiment
Dosage de progestérone Pendant les chaleurs Date d’ovulation, donc date de terme fiable
Échographie de diagnostic 25 à 30 jours après la saillie Confirmation et vitalité des fœtus, comptage approximatif
Dosage de relaxine Vers le 27e jour Confirmation hormonale sans imagerie
Palpation abdominale Vers le 28e jour Présence de fœtus, sans indication de viabilité
Radiographie À partir du 45e jour Nombre exact de chiots, taille du bassin, anomalies
Échographie de contrôle La semaine avant le terme Vitalité et taille des chiots, moment probable de la mise bas

Nourrir et soigner une chienne gestante sans faire d’erreur

Les deux tiers du développement fœtal se produisent après le 40e jour. Augmenter les rations dès l’annonce de la gestation n’a donc aucun intérêt et favorise seulement une prise de poids inutile. La règle retenue en clinique est d’augmenter la ration d’environ 10 % par semaine à partir du 42e jour. Le changement d’aliment, lui, s’étale sur trois ou quatre jours, en mélangeant progressivement le nouveau au précédent, comme le rappelle la fiche vétérinaire de WanimoVéto sur la chienne gestante.

Vermifuges et antiparasitaires : la question du calendrier

Une mère transmet ses parasites internes à ses chiots, avant la naissance puis par le lait. La vermifugation de la chienne fait donc partie du protocole, et elle est répétée : pendant la gestation, environ une semaine avant la mise bas, puis une semaine après. Côté parasites externes, le traitement contre les puces se place lui aussi dans la semaine précédant la mise bas.

Attention toutefois : toutes les molécules ne sont pas utilisables chez une femelle gestante, et la période d’administration compte autant que le produit. C’est le vétérinaire qui choisit l’un et l’autre, pas le rayon antiparasitaire. La même prudence vaut pour tout médicament : de nombreuses substances sont nocives pour les fœtus, y compris des produits en vente libre.

Vaccination et activité physique

La mi-gestation est la période retenue pour un rappel vaccinal lorsqu’il n’est pas à jour : les anticorps produits par la mère passent aux chiots via le colostrum, le premier lait, et constituent leur seule protection pendant leurs premières semaines. Chaque chiot doit d’ailleurs téter dans les deux heures suivant sa naissance pour en bénéficier.

L’activité physique reste souhaitable pendant la gestation. Ce sont les efforts violents et le surmenage en fin de gestation qu’il faut écarter, pas la promenade.

La mise bas : trois phases, et les seuils qui imposent d’appeler

Une personne compare une assurance avec son chien à côté
Unsplash

Dans la dernière semaine, la température rectale se prend deux à quatre fois par jour. Une chute aux alentours de 37 °C annonce la naissance dans les 12 à 24 heures : c’est le signal le plus fiable dont dispose un propriétaire.

Le travail se déroule ensuite en trois temps. La phase préparatoire dure 6 à 12 heures, et jusqu’à 24 heures chez une chienne qui met bas pour la première fois : agitation, halètement, nidification, perte d’appétit. Vient la phase d’expulsion, qui s’étend sur 4 à 8 heures, là encore jusqu’à 24 heures pour une primipare, avec 20 à 60 minutes entre deux chiots en moyenne. La délivrance des placentas accompagne les naissances.

Une mise bas normale se passe sans intervention humaine. En revanche, les situations suivantes justifient un appel immédiat au vétérinaire ou à la structure d’urgence :

  • Contractions abdominales depuis plus de 30 minutes sans qu’un chiot soit expulsé.
  • Plus de 12 heures depuis le premier chiot, ou plus de 4 heures depuis le dernier, alors que la portée n’est pas complète.
  • Pertes vert foncé depuis plus de 10 minutes sans naissance, ou liquide clair à jaunâtre depuis plus de 2 heures.
  • Aucune mise bas au-delà du 68e jour après l’accouplement.
  • Température revenue à 38 °C depuis 24 heures alors que tous les chiots ne sont pas nés.
  • Abattement marqué, gémissements persistants, pertes sanguinolentes ou malodorantes.

Les jours qui suivent demandent la même attention. Fièvre, pertes vulvaires anormales, mamelle chaude et douloureuse, désintérêt pour les chiots, tremblements ou convulsions imposent une consultation : infection utérine, mammite et hypocalcémie liée à la lactation font partie des complications du post-partum, et elles évoluent vite.

Le budget réel, poste par poste

Les tarifs vétérinaires sont libres en France : chaque clinique fixe les siens selon son plateau technique, sa localisation et ses compétences. Les montants ci-dessous sont des tarifs réellement affichés par des cliniques françaises à la date de rédaction. Ils donnent un ordre de grandeur, pas un prix de référence.

PosteDétailTarif affiché en clinique
Consultation Chaque rendez-vous de suivi 38 à 51 €
Échographie de gestation Souvent facturée hors consultation 54 à 55 €
Échographie abdominale complète Examen plus large, en cas de doute clinique 85 à 118 €
Radiographie Premier cliché, les suivants moins chers 32 à 63 €
Prise de sang et analyses Dosages hormonaux, bilan préopératoire 18 à 46 € et plus
Consultation hors horaires Nuit, dimanche, jour férié 75 à 154 €
Hospitalisation Par nuit, selon la surveillance requise 20 à 86 €

Ces repères viennent notamment de la grille de la clinique vétérinaire du Lys (consultation 51 €, consultation hors horaires 75 €, échographie abdominale 118 €, hospitalisation à partir de 86 € par jour, identification électronique 79 €) et de celle de la clinique vétérinaire Desmettre-Fath à Mulhouse (consultation 38 €, consultation de nuit 110 €, échographie de gestation 55 €, premier cliché radiographique 32 €, prise de sang 18 €). Un suivi de gestation sans complication, soit deux à trois rendez-vous avec imagerie, se situe donc le plus souvent entre 150 et 300 €, auxquels s’ajoutent l’alimentation adaptée et les traitements antiparasitaires.

La césarienne, le poste qui fait basculer le budget

C’est l’intervention qui transforme une mise bas à zéro euro en facture à quatre chiffres. La fourchette dépend surtout du gabarit de la chienne, du nombre de chiots à réanimer et du caractère urgent de l’intervention.

Profil de la chienneFourchette constatéeCe qui explique l’écart
Petit format 500 à 800 € Chirurgie courte, faibles quantités d’anesthésiques
Format moyen 700 à 1 200 € Durée d’intervention et doses plus élevées
Grand format 1 000 à 1 500 € Portée souvent nombreuse, personnel mobilisé
Race brachycéphale 1 200 à 2 000 € Risque anesthésique et surveillance respiratoire renforcée
Portée nombreuse ou complications 1 500 à 2 500 € Réanimation des chiots, hospitalisation prolongée

Ces fourchettes sont publiées par Santévet dans sa page consacrée au prix d’une césarienne chez le chien, et elles comprennent généralement l’anesthésie, l’intervention et les soins postopératoires de base. La clinique du Lys affiche de son côté une césarienne de chienne à partir de 490 €. Une intervention la nuit ou le week-end s’accompagne de majorations de garde.

Ce que l’assurance santé animale couvre, et ce qu’elle exclut

Un chien heureux et en bonne santé
Unsplash

C’est le point que beaucoup de propriétaires découvrent au mauvais moment. La reproduction figure parmi les exclusions quasi générales des contrats d’assurance santé pour chien. La logique des assureurs est constante : une gestation est un événement choisi, pas un aléa, et un contrat santé indemnise des aléas.

Les conditions d’Animal Assur, par exemple, rangent explicitement parmi les actes non pris en charge « les frais de gestation (diagnostic, suivi, avortement) », « les mises bas et césariennes non consécutives à un accident », l’insémination artificielle et les médicaments destinés à interrompre les chaleurs ou la gestation. La rédaction varie d’un assureur à l’autre, mais le principe se retrouve de contrat en contrat.

Trois nuances méritent d’être connues :

  • La formule « non consécutives à un accident » n’est pas anodine. Certains contrats laissent ouverte une prise en charge quand l’intervention découle d’un accident ou d’une urgence vitale documentée. C’est la lecture des conditions générales qui tranche, jamais une page web.
  • Souscrire une assurance pendant la gestation ne résout rien. Les délais de carence (couramment 48 heures pour les accidents, 30 à 45 jours pour les maladies, jusqu’à six mois pour la chirurgie liée à une maladie) tombent presque toujours après la date de la mise bas, et une gestation déjà en cours peut par ailleurs être traitée comme un état antérieur à la souscription.
  • Les garanties qui couvrent la reproduction existent, mais pas pour les particuliers. Elles relèvent des contrats d’élevage réservés aux professionnels, avec d’autres conditions et d’autres tarifs.

Reste ce qui demeure assurable : les pathologies de la chienne sans lien avec la reproduction, et la santé des chiots une fois qu’ils sont assurés en leur nom, chez leurs futurs propriétaires. Certains forfaits prévention prennent en charge vaccins et antiparasitaires, ce qui allège une partie des frais périphériques. Dans tous les cas, les conditions générales font foi, et un contrat se lit avant la saillie plutôt qu’après.

Après la naissance : les obligations qui s’appliquent, même pour un don

Une portée n’est pas qu’un sujet médical. Le cadre légal français est précis, et il s’applique aussi lorsque les chiots sont donnés. D’après la fiche officielle de service-public.gouv.fr sur la cession de chiens et de chats par un particulier :

  • Un chiot ne peut pas être cédé avant l’âge de 8 semaines.
  • Il doit être identifié avant la cession (puce ou tatouage), l’identification étant de toute façon obligatoire pour un chien avant ses 4 mois. Comptez autour de 79 € par chiot, à multiplier par la taille de la portée.
  • Le cédant remet une attestation de cession et un certificat vétérinaire établi depuis moins de 3 mois.
  • Le futur détenteur doit avoir signé un certificat d’engagement et de connaissance au moins 7 jours avant la remise de l’animal.
  • Un particulier n’a pas le droit de publier une annonce de vente d’animal de compagnie sur un site internet.
  • Vendre un chiot dont on détient la mère fait basculer dans le statut d’éleveur, avec les obligations déclaratives correspondantes. La seule souplesse concerne les portées inscrites au Livre des origines français, dans la limite d’une portée par an, avec déclaration auprès de la Société centrale canine.

Les manquements sont sanctionnés : céder un animal sans certificat vétérinaire, comme céder un animal non identifié, expose à une amende de 750 €.

Anticiper plutôt que découvrir

Une gestation canine qui se déroule bien coûte quelques centaines d’euros et demande surtout de la disponibilité. Une gestation qui se complique coûte dix fois plus, à un moment où personne n’a envie de parler d’argent, et sans le filet d’un remboursement puisque la reproduction reste exclue des contrats santé. Les deux repères à poser en amont sont donc un suivi vétérinaire programmé, radiographie de dénombrement comprise, et une réserve financière calibrée sur le prix d’une césarienne pour le gabarit de votre chienne.

Dernier rappel : les informations réunies ici sont documentaires. Toute décision concernant la santé de votre chienne ou de sa portée relève de votre vétérinaire, seul en mesure de l’examiner.

Questions fréquentes

Combien de temps dure la gestation d’une chienne ?

Environ 61 à 63 jours à compter de l’ovulation. Comptée depuis la saillie, la fourchette s’élargit à 50-70 jours, car l’ovulation peut survenir avant, pendant ou après l’accouplement et les spermatozoïdes survivent plusieurs jours. Seul un dosage de progestérone pendant les chaleurs permet de situer l’ovulation et d’obtenir une date de terme fiable. Au-delà du 68e jour après l’accouplement sans mise bas, contactez votre vétérinaire.

À partir de quand une échographie peut-elle confirmer la gestation ?

Les embryons deviennent visibles vers le 25e jour, et l’examen est en général programmé entre 25 et 30 jours après la saillie. L’échographie confirme la gestation et vérifie la vitalité des fœtus, mais elle compte mal les chiots. Les cliniques affichent couramment 54 à 55 € pour une échographie de gestation, souvent facturée en plus de la consultation.

Comment connaître le nombre de chiots avant la naissance ?

Par une radiographie abdominale, à partir du 45e jour de gestation, quand les squelettes des fœtus sont suffisamment minéralisés. C’est le seul examen qui dénombre les chiots de façon fiable, et cette information est précieuse le jour de la mise bas : elle permet de savoir si la portée est complète ou s’il reste un chiot à naître. Comptez 32 à 63 € le cliché selon la clinique.

L’assurance santé animale rembourse-t-elle la mise bas ou la césarienne ?

Non, dans la très grande majorité des cas. La reproduction figure parmi les exclusions quasi générales : frais de gestation (diagnostic, suivi), mises bas et césariennes non consécutives à un accident, insémination artificielle. Certains contrats laissent une ouverture quand l’intervention découle d’un accident ou d’une urgence vitale, mais seules les conditions générales de votre contrat font foi. Les garanties couvrant la reproduction se trouvent surtout dans les contrats d’élevage réservés aux professionnels.

Peut-on vermifuger et vacciner une chienne gestante ?

Oui, mais avec des molécules et à des moments choisis par le vétérinaire. Le protocole habituel prévoit une vermifugation pendant la gestation, une environ une semaine avant la mise bas, puis une semaine après, afin de limiter la transmission des parasites aux chiots. Un rappel vaccinal se place plutôt en mi-gestation, les anticorps passant aux chiots via le colostrum. Aucun médicament, même en vente libre, ne doit être administré sans avis vétérinaire : plusieurs substances sont nocives pour les fœtus.

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